La Lourdaise

 

C'est la seule race bovine issue uniquement des Hautes Pyrénées, plus particulièrement des arrondissements d'Argelès-Gazost et de Bagnères de Bigorre.

L'effectif de 20 000 femelles en 1934, étendait la race aux vallées de la région, dont celle de Lourdes. Pour cette raison, cette race bovine serait mieux désignée sous le nom de "variété du Lavedan".

 

  

On raconte qu'un paysan, attiré par les concours, amena une vache et son veau à Paris. Lorsqu'on lui demandait d'où venait cette vache, certainement très belle, il répondait qu'elle était de la montagne près de Lourdes. C'est ainsi que naquit l'appellation de "vache Lourdaise" !

 

 

Ci-contre Rustica n° 35 d'août 1953

Le Herd-Book fut ouvert dès 1896, avec un effectif qui comptait alors 40 000 têtes !

C'était une vache vaillante, laborieuse et docile. On utilisa une partie de sa génétique (avec la Garonnaise et la Blonde du Quercy qui ont maintenant disparu) pour créer en 1962  la fameuse "Blonde d'Aquitaine"; après quoi elle eut à se défendre de la concurrence, des "bœufs Gascons" pour le travail, puis d'autres races pour la production laitière.

La Lourdaise restait toutefois très appréciée pour la richesse de son lait, très propice à la fabrication du beurre.

Comme tant de races bovines et chevalines, elle connut, avec la mécanisation de l'agriculture, un déclin rapide qui la mena au bord de la disparition :

en 1979, ne subsistaient qu'une douzaine de vaches et un seul taureau nommé "MARTI" !

LE STANDARD

La Lourdaise est une vache agile, aux réactions sûres, très près de l'homme dès qu'elle est régulièrement manipulée.

Sa robe va du blanc au froment, ses muqueuses sont roses, sa tête est élégante avec un front large orné d'un chignon et de splendides cornes en lyre, claires et fines, qu'elle porte fièrement !

De taille moyenne, souvent autour de 700 kg, certaines ont cependant été pesées à 900 kg !

Cette vache rustique, bonne laitière, élève seule son veau de boucherie.

Elle valorise à merveille les terres dures et ingrates de notre piémont pyrénéen, où des races plus sophistiquées auraient du mal à s'adapter.

Cette vache se comporte exceptionnellement bien sur les estives pyrénéennes, bien que plusieurs troupeaux soient maintenant installés hors terroir d'origine : Dordogne et Gironde notamment.

 

 

 

SA SAUVEGARDE

Entre 1979 et 1985, un recensement ainsi qu'un plan de sauvegarde furent menés par des bénévoles passionnés, le Conseil Régional de Midi-Pyrénées, et surtout Laurent AVON de l'Institut de l'élevage. Il était temps !

Les chiffres parlent d'eux mêmes :

  • 1985    = 16 éleveurs pour 36 vaches
  • 2000  = 36 éleveurs pour 138 vaches
  • 2003  = 36 éleveurs pour 205 vaches
  • 2004  = 42 éleveurs pour 229 vaches
  • 2013   = 60 éleveurs pour 289 vaches

Aujourd'hui 17 taureaux sont disponibles à l'insémination, et la monte naturelle est utilisée sur les troupeaux les plus importants.

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